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samedi 6 juin 2020

Imitations

A quelques heures de distance, l'autre jour:

Le Moineau déclarant: "J'ai une fille elle s'appelle Niña. Avant, c'était "Nenaü", mais y a le "e" et le "u" qui se sont perdus, et y a un "i" qui s'est rajouté, et ça donne "Niña" ". Cette enfant n'a pas quatre ans, et elle fait de la pseudo-linguistique historique. Je me sentais un peu "coupable" parce que je lui avait expliqué l'avant-veille pourquoi "vingt" avait gardé un G et un T bizarre à la fin, et fait l'évolution historique du latin "viginti" au français "vingt". Deux minutes plus tard, Nawimba me confesse que de son côté, il lui a expliqué que "filius" avait donné "hijo" en espagnol. On est irrécupérables, et on va créer un monstre (un monstre mignon, quand même).

L'Etourneau se met maintenant facilement sur le ventre, et attrape de plus en plus tout ce qu'il trouve, notamment les jouets de sa sœur, évidemment. Depuis quelques jours, on lui donne d'ailleurs nous-mêmes des personnages Duplo quand on a pas ses jouets à lui sous la main. Et à un moment, je le vois donc, allongé sur le ventre, sur le tapis à côté du , quiMoineau, qui jouait tranquillement avec ses Duplo et ses playmobils. Il avait lui aussi un bonhomme Duplo dans chaque main, et au lieu de juste les mettre à la bouche, il les frotte l'un contre l'autre. Et puis il s'interrompt, tord la tête vers la gauche dans l'exact mouvement qu'a un collégien pour apercevoir ce que son camarade est en train d'écrire sur sa copie. Il observe sa sœur quelques secondes. Puis revient à ses bonshommes et les frotte de plus belle, en reproduisant ce qu'elle est en train de faire. Il est littéralement en train d'apprendre à jouer en la regardant. C'est évident, hein, que les cadets apprennent en regardant les aînés. Mais le voir comme ça pour la première fois (ou seconde, parce que j'avais déjà remarqué qu'il imite certaines de ses intonations parfois), c'est assez émouvant, je dois dire.

Ca pousse, ça pousse.

jeudi 28 mai 2020

Adjectifs

Il y a peu ma mère nous as envoyé un paquet avec un kit de survie: des masques pour nous, et des livres pour le Moineau. Il y en avait des neufs, parce que ma mère a un rituel où elle envoie un petit bouquin par mois à ses deux petites filles (ses petits fils ayant respectivement deux et 7 mois, ils n'y ont pas encore droit, c'est trop injuste!). Et des vieux, à mon frère et moi, qu'elle a récupérés dans la bibliothèque "enfant" chez elle. J'aime bien lire mes livres d'enfance à ma fille, même ceux que je trouve, avec le recul, complètement cucul-la-praline. Dans le lot, il y avait ça:

LarousseToutPetits.jpeg, mai 2020

J'en gardais un très bon souvenir, et j'étais contente de le retrouver. Mais au delà de ça, on en fait lire quelques pages au Moineau le soir, et d'autres parfois dans la journée, et c'est un vrai vrai plaisir:

  • Premier dictionnaire! Dans une famille comme la sienne, ça compte.
  • Ca nous a permis de lui expliquer le principe de l'alphabet (elle commence à le connaître, mais là, elle a vu l'utilité de ranger les lettres dans un certain ordre. Que c'est pas juste une comptine, quoi..).
  • Les mots sont en majuscules (elle ne connaît pas encore toutes les minuscules).
  • Les majuscules sont accentuées (dans un bouquin qui a plus de 30 ans! C'est trop ouf.)
  • Y a des mots pas courants du tout, qui permettent à la fois que le Moineau soit obligée de les lire, et puisse difficilement les deviner, et qui viennent grossir son vocabulaire (qui est déjà pas minable, je vous prie de me croire.).
  • c'est l'illustratrice de Mimi Cracra, que j'aime beaucoup, et le Moineau aussi
  • C'est pas mal inclusif, y a beaucoup de filles, et plein de couleurs de peaux différentes
  • Les petites citations littéraires en dessous sont souvent très sibyllines, et un peu rien-à-voir. On pourrait croire que c'est un défaut, mais en fait, je me souviens avoir pas mal rêvassé et réfléchi sur ces petites phrases, et que ça nourrissait aussi mon imaginaire (celui du Moineau étant dopé aux amphétamines, je pense qu'elle y trouvera aussi son compte quand elle arrivera à les lire).

Là c'est celui des adjectifs (on n'avait que celui là à la maison), mais à la vitesse où elle l'avale, je vais ptet essayer de trouver les autres d'occas (je viens de voir qu'il y a les verbes, les noms propres, les adverbes, au moins)

(Voilà, et sinon, je m'étends pas pour pas vous saouler encore plus avec mon orgueil de mère, mais de jour en jour ma fille de 3 ans et 10 mois apprend goulûment à lire, et je suis tellement fière d'elle, et c'est tellement joli de la voir s'emparer de la lecture, et j'ai tellement hâte qu'elle puisse se plonger seule dans des histoires, et, et, et.. )

mardi 12 mai 2020

Mon jardin de printemps

Confinement oblige, j'ai passé beaucoup plus de temps que d'habitude en début de printemps dans mon jardin. Je n'ai pas pu faire tellement plus de choses (parce que, pour le meilleur et pour le pire, je ne suis pas confinée seule, voyez vous...) en termes de petits et grands travaux, mais j'ai eu le loisir de regarder pousser les plantes, éclore les fleurs, et tout le bazar :) Ca m'a consolée un peu de ne pas pouvoir profiter du printemps pour voir les glycines, les arbres de Judée, les chorètes du japon fleurir dans mon quartier..

Alors voilà, des ptits bouts de mon jardin, pris avec mon téléphone qui fait pas des très bonnes photos (ou alors c'est moi, c'est possible aussi). Je me rends compte que je n'ai pas pris de photos des roses, ni de la monstro-vigne, ni de belles photos de l'énorme coussin de campanule sous la belle sauge en fleurs.. On les aperçoit sur la photo avec une vue d'ensemble, mais on ne les voit pas très bien...Ce sera pour le coup d'après :)



Jacinthes sauvages, mai 2020


Sous le pommier, mai 2020

Pommier en fleurs.jpg, mai 2020

vue d'ensemble du jardin.jpg, mai 2020

Fleur de bourrache.jpg, mai 2020
Petit céanothe deviendra grand.jpg, mai 2020
Seringat.jpg, mai 2020

mardi 7 avril 2020

Complicité

Une chose très chouette que nous aura apportée, quand même, cette crise et le confinement qui va avec, est l’opportunité de passer beaucoup de temps avec nos enfants. J'avais très peur, à l'annonce de la fermeture des écoles, collèges et universités, et quand on a vu le confinement arriver, de la perspective de passer des semaines les uns sur les autres. Je craignais vraiment l'enfermement avec le Moineau, j'avais peur de passer mon temps à lui crier dessus, d'être en conflit avec elle tout le temps. Finalement, pour l'instant, même s'il y a des moments plus compliqués que d'autres, dans l’ensemble, ça se passe bien. Ca nous offre beaucoup de moments de complicité, de câlins, à 2, à 3, à 4, avec toutes les combinaisons possibles. On gambade avec le Moineau dans le jardin, on rampe et roule avec l'Etourneau sur le tapis. On assiste à tous leurs progrès, en direct. Selon toute vraisemblance, on va voir les premiers le bébé ramper, s'asseoir. Pas impossible qu'il commence à parler avant la fin du confinement, vu comment c'est parti. La grande est partie pour apprendre à lire avec nous, aussi. C'est pas que j'y tenais plus qu'à autre chose (même si je garde des souvenirs assez nets et forts de l'apprentissage de la lecture avec mon propre père), mais ça se fait comme ça. Et c'est chouette à regarder.

Les enfants jouent, pour de vrai, ensemble. Rient au éclats ensemble. S’appelle l’un l’autre, chacun à sa manière. S'empoignent gentiment pour se faire des caresses-maladroites-mais-douces.

Ça aurait existé aussi sans le confinement, cette complicité, bien sûr. Mais peut-être pas avec la même densité, peut-être pas aussi tôt dans la vie de l'Etourneau. Peut-être pas aussi longtemps d’affilée (on n'aurait jamais eu plus d'un mois tous ensemble, et on aurait forcément vu d'autres gens dans la période, en temps normal).

Je suis un peu triste, parfois, que les enfants ne voient que nous. L'Etourneau devra « réapprendre » les quelques personnes qu’il connaissait avant le confinement: ses grands-parents, la nounou, le petit garçon qui est gardé avec lui. Mais ce côté « parenthèse hors du temps, hors du monde », peut-être unique, tous les quatre dans notre îlot, nous fabriquera, en contrepoint de la colère et de la tristesse et de la frustration, des beaux souvenirs, aussi. Peut-être le Moineau en gardera-t-elle même quelques-uns, qui sait?

Entre la naissance de mon fils, et ces quelques mois que nous vivons, l'année "universitaire" (qui n'en aura eu que le nom, vraiment, pour moi), sera dans mon histoire personnelle une respiration, sous le signe de la famille.

samedi 4 avril 2020

Silver lining

J'avais écrit un long billet sur la frustration. Pis je me suis dit que j'allais pas tout de suite commencer par me plaindre, et que je pouvais ptet commencer par un truc un poil moins négatif, et mettre en sourdine les MPP (méga-problèmes-de-privilégiés, copyright Ma Soeur)

Alors voilà, les aspects positifs que je trouve pour l'instant à ce confinement (beaucoup d'entre eux montrent surtout à quel point on est privilégiés, justement, dans cette affaire.)

  • le confinement a lieu au printemps (et c'est un beau printemps, pour l'instant), et pas en plein cœur de l'hiver. Dans notre maison assez sombre, ça aurait été vraiment pas fun, cette impression de nuit permanente pendant deux mois.
  • on a un jardin, et une maison de 75 mètres carrés.
  • Nawimba et moi, enseignants tous les deux, avons fait partie des premiers à devoir s'arrêter. Nous ne risquons ni le licenciement, ni le chômage technique, ni l'amputation de nos salaires. Du coup on peut aussi maintenir sans problème le salaire de la nounou (j'ai cru voir passer qu'il y avait par ailleurs un dispositif de chômage partiel, mais pas regardé en détails pour l'instant).
  • notre fille n'est qu'en petite section de maternelle, le travail scolaire n'est pas très contraignant, on fait de notre mieux, et c'est a priori suffisant.
  • Nawimba profite de son fils encore petit, ça fait comme un rattrapage de congé paternité après les ridicules 11 jours officiels qu'il avait pu prendre fin 2019.
  • J'ai eu le temps de finir ma rééducation périnéale, ça aurait été relou de s'interrompre.
  • J'ai pu ranger le tire-lait qui me prenait beaucoup de temps chaque jour (au moins une heure, parfois plus)
  • Les conflits avec la nounou (notamment sur la question de l'allaitement) sont mis entre parenthèse
  • Le bébé passe sa vie couché sur le tapis, au lieu d'être coincé dans le cosy chez la nounou, du coup, la motricité a fait un bond de ouf en quinze jours.
  • on sort chacun au moins une fois par jour dans le jardin, plus que d'habitude à cette saison. Et comme je ne profite pas des fleurs dans les rues, je scrute les miennes plus que de raison!
  • je passe aussi plus de temps que normalement à m'occuper de mes semis de tomates et de courgettes (Chaque matin, pendant que la bouilloire chauffe, je ré-enterre des plants de tomates à tour de rôle, pour qu'ils fassent plein de petites racines bien costaudes).
  • je mets au carré et au propre certains de mes cours qui en avaient bien besoin. J'aurai des jolis documents bien lisibles et clairs pour mes étudiants qui ne peuvent pas venir en cours, l'année prochaine.
  • entre la fin de grossesse, le congé maternité, et le confinement, j'aurai très peu près le RER entre juin 2019 et juin 2020, et franchement, ça me manque pas.
  • j'aurai pas non plus beaucoup vu les collègues que j'ai pas envie de voir (certains arrivent à venir me saouler dans mes mails, mais c'est plutôt moins chiant, non?)
  • Nawimba a plus de temps pour bosser son CAPES (il se sentait pas tout à fait prêt)
  • Ca rend inventif, vu que les magasins sont fermés, qu'on pouvait pas sortir jusque là, et qu'on veut pas faire livrer des trucs pas nécéssaires (et notamment, c'est l'occasion de mettre en pratique certains trucs auxquels on réfléchissait en terme de "zéro déchet").

Bref, on a de la chance, et on n'a pas à se plaindre (enfin moi j'y arrive quand même, mais c'est parce que j'ai beaucoup d'entraînement :D)