jeudi 7 mai 2020

Petits plaisirs, petits bonheurs

La nuit dernière: la respiration profonde, légèrement décalée, de mes deux enfants, à la fin de la tétée de l'Etourneau. La grande à gauche de mon oreille, le petit dans mes bras.

En fin de matinée: le message bienveillant de mon psy, en réponse au mien annonçant que je ne reprendrai pas les séances d'analyse avant septembre, parce que j'ai besoin de sérénité.

En milieu d'après-midi: le mail d'encouragements et de remerciements écrit à la vice-présidente Formation de ma fac. Ca fait un moment que je voulais lui dire combien je leur étais reconnaissante, à elle et à son équipe, du boulot qu'iels font depuis le début de la crise, de leur bienveillance, de leur écoute, et des décisions mesurées qu'ils prennent. Ca m'a fait plaisir de le lui écrire.

En fin d'après-midi: le don d'un gros carton de vêtements d'enfants et de grossesse au Laboratoire Ecologique Zéro déchet de Pantin. Ils font un énorme boulot de collecte pour des associations diverses, et en l'occurrence, ça devrait aller à Un petit bagage d'amour, qui aide les femmes enceintes et jeunes mères à la rue. C'est trop cool que toutes ces fringues servent au lieu de stagner ici, et ça fait de la place chez moi. Dans les vêtements de la naissance à 6 mois, il ne me reste plus que ce que je veux garder comme souvenir (et un petit sac à envoyer à mon frère d'ici quelques jours pour son bébé). Et toutes les fringues très-très fille pour les âges entre 6 mois et 3 ans sont partis aussi. De l'air, de l'air!

samedi 4 avril 2020

Silver lining

J'avais écrit un long billet sur la frustration. Pis je me suis dit que j'allais pas tout de suite commencer par me plaindre, et que je pouvais ptet commencer par un truc un poil moins négatif, et mettre en sourdine les MPP (méga-problèmes-de-privilégiés, copyright Ma Soeur)

Alors voilà, les aspects positifs que je trouve pour l'instant à ce confinement (beaucoup d'entre eux montrent surtout à quel point on est privilégiés, justement, dans cette affaire.)

  • le confinement a lieu au printemps (et c'est un beau printemps, pour l'instant), et pas en plein cœur de l'hiver. Dans notre maison assez sombre, ça aurait été vraiment pas fun, cette impression de nuit permanente pendant deux mois.
  • on a un jardin, et une maison de 75 mètres carrés.
  • Nawimba et moi, enseignants tous les deux, avons fait partie des premiers à devoir s'arrêter. Nous ne risquons ni le licenciement, ni le chômage technique, ni l'amputation de nos salaires. Du coup on peut aussi maintenir sans problème le salaire de la nounou (j'ai cru voir passer qu'il y avait par ailleurs un dispositif de chômage partiel, mais pas regardé en détails pour l'instant).
  • notre fille n'est qu'en petite section de maternelle, le travail scolaire n'est pas très contraignant, on fait de notre mieux, et c'est a priori suffisant.
  • Nawimba profite de son fils encore petit, ça fait comme un rattrapage de congé paternité après les ridicules 11 jours officiels qu'il avait pu prendre fin 2019.
  • J'ai eu le temps de finir ma rééducation périnéale, ça aurait été relou de s'interrompre.
  • J'ai pu ranger le tire-lait qui me prenait beaucoup de temps chaque jour (au moins une heure, parfois plus)
  • Les conflits avec la nounou (notamment sur la question de l'allaitement) sont mis entre parenthèse
  • Le bébé passe sa vie couché sur le tapis, au lieu d'être coincé dans le cosy chez la nounou, du coup, la motricité a fait un bond de ouf en quinze jours.
  • on sort chacun au moins une fois par jour dans le jardin, plus que d'habitude à cette saison. Et comme je ne profite pas des fleurs dans les rues, je scrute les miennes plus que de raison!
  • je passe aussi plus de temps que normalement à m'occuper de mes semis de tomates et de courgettes (Chaque matin, pendant que la bouilloire chauffe, je ré-enterre des plants de tomates à tour de rôle, pour qu'ils fassent plein de petites racines bien costaudes).
  • je mets au carré et au propre certains de mes cours qui en avaient bien besoin. J'aurai des jolis documents bien lisibles et clairs pour mes étudiants qui ne peuvent pas venir en cours, l'année prochaine.
  • entre la fin de grossesse, le congé maternité, et le confinement, j'aurai très peu près le RER entre juin 2019 et juin 2020, et franchement, ça me manque pas.
  • j'aurai pas non plus beaucoup vu les collègues que j'ai pas envie de voir (certains arrivent à venir me saouler dans mes mails, mais c'est plutôt moins chiant, non?)
  • Nawimba a plus de temps pour bosser son CAPES (il se sentait pas tout à fait prêt)
  • Ca rend inventif, vu que les magasins sont fermés, qu'on pouvait pas sortir jusque là, et qu'on veut pas faire livrer des trucs pas nécéssaires (et notamment, c'est l'occasion de mettre en pratique certains trucs auxquels on réfléchissait en terme de "zéro déchet").

Bref, on a de la chance, et on n'a pas à se plaindre (enfin moi j'y arrive quand même, mais c'est parce que j'ai beaucoup d'entraînement :D)