jeudi 2 juillet 2020

Illumination parentale

J'ai compris. J'ai ENFIN compris.

Après 4 ans à vivre au milieu des jouets, je viens de piger pourquoi la majorité des jouets de premier âge produisent des bruits. Des grelots, du plastique crissant, que sais-je encore.

Toi, dans ta grande naïveté de jeune parent, tu penses que c'est pour le sacro-saint EVEIL de ton enfant, que ça va le stimuler, le rendre super intelligent d'avoir un truc qui lui fait dingdong dans les oreilles en continu. Éventuellement, au bout de quelques mois, tu percutes que ça t'offre aussi une aide inespérée dans les cas où tu as besoin que ton lardon se tienne tranquille, genre sur la table à langer. Parce qu'il faut le savoir, entre 6 et 8 mois, les bébés développent une capacité hors norme à se trouver à la fois dans 5 plans différents. Toi t'as besoin d'avoir les fesses et le dos approximativement à plat sur la table pour pouvoir fermer cette putain de couche rognntiiiiddddjuuu , et lui il défie les lois de la géométrie tranquillos 6 fois par jour. Alors tu lui colles un jouet pouic-pouic entre les pattes, et t'as vaguement une chance qu'il se tienne à plat dos 6 ou 7 secondes d'affilée le temps d'attacher la couche (et de ré-enfiler le pantalon, si tu as vraiment le cul bordé de nouilles.)

Mais en fait non. L'utilité ultime du jouet à grelot, c'est pas ça.

En vrai, le moment où ça te sauve la vie, c'est quand ton môme commence à ramper efficacement (comme l'Etourneau depuis quelques temps), et que tu dois le laisser quelques minutes (ou secondes) dans une pièce, seul. L'idée, c'est d'avoir plein de jouets qui font du boucan. Et de les parsemer stratégiquement tout autour de lui. Quand tu entends "bling bling" (ou pouet pouet, ou tut tut, t'as compris le principe), tu sais que l'armée ennemie s'est mise en marche, et qu'elle s'apprête à franchir les frontières de la zone autorisée. Au bout d'un moment, tu parviens même à identifier QUEL jouet est en train de couiner, et quel azimuth l'armée en question a choisi. Et du coup, tu peux passer pour un medium auprès de ton aînée en gueulant depuis la cuisine "Oh! C'est interdit de bouffer les roues de la poussette!" ou "Bibou, si tu lèches encore une fois la semelle d'une chaussure, je vais me fâcher!". Bon, il faudra quand même que tu te déplaces, parce que le bébé, lui, il s'en tape. Voire, s'il est comme le mien, ça a plutôt tendance à lui faire accélérer la cadence. Une fois qu'il se sait repéré, il se grouille encore plus pour arriver à faire sa connerie avant qu'on vienne l'arrêter. (Tout à l'heure, j'ai repéré à côté de la balle en tissu avec laquelle il jouait, un bout de carton par-fait pour être machouillé. J'ai dit "Ca c'est interdit, hein, tu le manges pas" en me levant. Le temps que j'arrive jusqu'à lui, il s'était jeté à plat ventre sur la balle et le carton, tout raidi, genre plaquage de rugby, pour m'empêcher de récupérer le truc et de le jeter.)

Voilà. Après on peut ptet envisager une solution à base de barbelés à grelot, pour les bébés les plus inarrêtables, je sais pas, faudrait réfléchir.

mercredi 1 juillet 2020

Petit Prince

Nawimba lit Le petit Prince avec le Moineau.

Du coup elle est venue me raconter où ils en étaient:

"C'est le petit prince, il trouve que sa fleur elle est toute bête et elle l'aime pas tout ça, alors il descend de sa planète. Mais au moment donné où il s'en va, elle lui dit "Mais non, je t'aime, je t'aime, je t'aime!" Alors il reste là, mais elle lui dit "Va t'en!" alors il s'en va.

C'est un peu triste quand même."

dimanche 14 juin 2020

Grandes questions

Elle m'a vu prendre un doliprane, et la question a fusé "Tu veux pas de troisième bébé?". Et puis vite, les mains sur le nez et la bouche, comme prise en faute d'avoir dit un truc plus gros qu'elle.

Ça m'a prise un peu à froid, je dois reconnaître. Elle a passé les trois derniers mois à la maison, vu personne depuis mi-mars à part trois fois ses grands parents ce mois-ci.. Qui lui a parlé de pilule contraceptive?? Ca doit faire un moment que ça mijote dans sa tête.

Pas réussi à savoir d'où ça venait exactement ("J'y ai pensé toute seule"), mais j'ai quand même répondu que 1. Je prenais juste du doliprane parce que j'avais mal au dos, et que 2. Non, effectivement, on ne prévoyait pas d'avoir un troisième bébé (ce qu'elle sait, on en a déjà parlé..).

Et du coup, le soir, évidemment... avec l'air de parler à son reflet dans le miroir, derrière moi:

"Mais comment on fabrique les bébés?"

Alors j'ai demandé: "Ben toi, à ton avis, t'en penses quoi?"

Elle m'a répondu "On prend pas le médicament!"

"Alors effectivement, c'est un bon début, mais ça suffit pas. Comment on fait pour fabriquer les bébés? Et d'abord, est-ce que tu crois qu'on les fabrique vraiment?"

Elle a eu un air un peu perplexe,et elle a fait "Euh, pas avec la boite à outils, quand même?"

Je me suis retenue de commencer ma réponse par "En général", et j'ai juste dit "non". Et puis j'ai expliqué qu'en fait, pour ce qui est de la fabrication, ça se fait un peu tout seul ("il faut beaucoup manger, quand même!" m'a-t-elle interrompue), mais qu'il faut faire des choses pour que la fabrication commence. Et puis j'ai expliqué l'ovule et le spermatozoïde, et parce qu'elle est merveilleuse, et pour se laisser le temps, et pour nous laisser le temps, elle a changé de sujet avant que ne se pose concrètement la question de COMMENT ces deux-là peuvent bien arriver à se rencontrer :D

Plutôt contente de l'épisode, de mon côté :)

samedi 6 juin 2020

Imitations

A quelques heures de distance, l'autre jour:

Le Moineau déclarant: "J'ai une fille elle s'appelle Niña. Avant, c'était "Nenaü", mais y a le "e" et le "u" qui se sont perdus, et y a un "i" qui s'est rajouté, et ça donne "Niña" ". Cette enfant n'a pas quatre ans, et elle fait de la pseudo-linguistique historique. Je me sentais un peu "coupable" parce que je lui avait expliqué l'avant-veille pourquoi "vingt" avait gardé un G et un T bizarre à la fin, et fait l'évolution historique du latin "viginti" au français "vingt". Deux minutes plus tard, Nawimba me confesse que de son côté, il lui a expliqué que "filius" avait donné "hijo" en espagnol. On est irrécupérables, et on va créer un monstre (un monstre mignon, quand même).

L'Etourneau se met maintenant facilement sur le ventre, et attrape de plus en plus tout ce qu'il trouve, notamment les jouets de sa sœur, évidemment. Depuis quelques jours, on lui donne d'ailleurs nous-mêmes des personnages Duplo quand on a pas ses jouets à lui sous la main. Et à un moment, je le vois donc, allongé sur le ventre, sur le tapis à côté du , quiMoineau, qui jouait tranquillement avec ses Duplo et ses playmobils. Il avait lui aussi un bonhomme Duplo dans chaque main, et au lieu de juste les mettre à la bouche, il les frotte l'un contre l'autre. Et puis il s'interrompt, tord la tête vers la gauche dans l'exact mouvement qu'a un collégien pour apercevoir ce que son camarade est en train d'écrire sur sa copie. Il observe sa sœur quelques secondes. Puis revient à ses bonshommes et les frotte de plus belle, en reproduisant ce qu'elle est en train de faire. Il est littéralement en train d'apprendre à jouer en la regardant. C'est évident, hein, que les cadets apprennent en regardant les aînés. Mais le voir comme ça pour la première fois (ou seconde, parce que j'avais déjà remarqué qu'il imite certaines de ses intonations parfois), c'est assez émouvant, je dois dire.

Ca pousse, ça pousse.

jeudi 28 mai 2020

Adjectifs

Il y a peu ma mère nous as envoyé un paquet avec un kit de survie: des masques pour nous, et des livres pour le Moineau. Il y en avait des neufs, parce que ma mère a un rituel où elle envoie un petit bouquin par mois à ses deux petites filles (ses petits fils ayant respectivement deux et 7 mois, ils n'y ont pas encore droit, c'est trop injuste!). Et des vieux, à mon frère et moi, qu'elle a récupérés dans la bibliothèque "enfant" chez elle. J'aime bien lire mes livres d'enfance à ma fille, même ceux que je trouve, avec le recul, complètement cucul-la-praline. Dans le lot, il y avait ça:

LarousseToutPetits.jpeg, mai 2020

J'en gardais un très bon souvenir, et j'étais contente de le retrouver. Mais au delà de ça, on en fait lire quelques pages au Moineau le soir, et d'autres parfois dans la journée, et c'est un vrai vrai plaisir:

  • Premier dictionnaire! Dans une famille comme la sienne, ça compte.
  • Ca nous a permis de lui expliquer le principe de l'alphabet (elle commence à le connaître, mais là, elle a vu l'utilité de ranger les lettres dans un certain ordre. Que c'est pas juste une comptine, quoi..).
  • Les mots sont en majuscules (elle ne connaît pas encore toutes les minuscules).
  • Les majuscules sont accentuées (dans un bouquin qui a plus de 30 ans! C'est trop ouf.)
  • Y a des mots pas courants du tout, qui permettent à la fois que le Moineau soit obligée de les lire, et puisse difficilement les deviner, et qui viennent grossir son vocabulaire (qui est déjà pas minable, je vous prie de me croire.).
  • c'est l'illustratrice de Mimi Cracra, que j'aime beaucoup, et le Moineau aussi
  • C'est pas mal inclusif, y a beaucoup de filles, et plein de couleurs de peaux différentes
  • Les petites citations littéraires en dessous sont souvent très sibyllines, et un peu rien-à-voir. On pourrait croire que c'est un défaut, mais en fait, je me souviens avoir pas mal rêvassé et réfléchi sur ces petites phrases, et que ça nourrissait aussi mon imaginaire (celui du Moineau étant dopé aux amphétamines, je pense qu'elle y trouvera aussi son compte quand elle arrivera à les lire).

Là c'est celui des adjectifs (on n'avait que celui là à la maison), mais à la vitesse où elle l'avale, je vais ptet essayer de trouver les autres d'occas (je viens de voir qu'il y a les verbes, les noms propres, les adverbes, au moins)

(Voilà, et sinon, je m'étends pas pour pas vous saouler encore plus avec mon orgueil de mère, mais de jour en jour ma fille de 3 ans et 10 mois apprend goulûment à lire, et je suis tellement fière d'elle, et c'est tellement joli de la voir s'emparer de la lecture, et j'ai tellement hâte qu'elle puisse se plonger seule dans des histoires, et, et, et.. )

jeudi 21 mai 2020

Rêves

Le Moineau a pris l'habitude de nous raconter ses rêves (en général peuplés par ses amis imaginaires et autres personnages de films et de livres) dès son lever. Je voudrais les enregistrer, y a vraiment des perles. Avant-hier, elle avait rêvé du Virus. Il était tout vert et tout petit "comme le cœur de Te Fiti" (dans Vaiana).

Le coeur de Te Fiti dans les mains de Vaiana, mai 2020

Le virus était une fille, et elle était copine avec le bureau du Moineau. Le virus n'avait (évidemment) pas de bouche pour parler, alors c'était le bureau qui lui avait révélé cette amitié. Le bureau n'a pas de bouche non plus, mais il a des poumons magiques qui faisaient comme des tatouages et qui racontent des trucs. Le virus avait également un papa, qui était mort, parce qu'il ne mangeait rien, se privait de tout pour tout donner à sa fille.

Ce matin, elle a de nouveau rêvé de personnages Disney. Ce coup-ci, c'était Anna (de la Reine des neiges) qui était devenue méchante, et faisait peur à Elsa. Elle était méchante parce qu'elle avait rencontré un canard. J'ai demandé des précisions: en fait, c'était plus spécifiquement à cause d'un os de canard magique (l'os, pas le canard). Et à la fin, elle remettait l'os dans la peau du canard, et elle redevenait gentille.. J'ai demandé ce qu'elle, le Moineau, faisait dans l'histoire, elle m'a dit "Ben non, moi je dormais, j'étais pas dans l'histoire". Logique.

Cette gamine est exactement comme son père: des histoires plein la tête, toujours renouvelées. Ils ont une capacité qui m'épate à remodeler les intrigues, à faire des liens entre les personnages, à rebrasser, remélanger les structures narratives. Pour les amis imaginaires, c'est pareil, ils sont exactement sur le même modèle. Là par exemple, il s'est éclaté à faire un tournoi des héroïnes et héros de l'antiquité greco-latine sur Twitter, et pendant plusieurs jours, on a vraiment vécu avec Hercule, et Cadmos, et Penthesilée (en plus de la tripotée de potes invisibles du Moineau)...

J'en suis à me demander si on devrait pas encore prévoir une ou deux pièces de plus que ce qu'on avait pensé, dans notre prochaine maison, pour loger tout ce beau monde.

samedi 16 mai 2020

Mensiversaire

L'Etourneau a 7 mois aujourd'hui. C'est toujours un bébé rigolu et de bonne composition, attentif et curieux. Il est très tonique, gigote beaucoup et donne de mémorables coups de pieds (aië) dans tout ce qu'il peut (si on le met devant un ballon, il shoote dedans de bon coeur, par exemple..). Il se retourne du dos vers le ventre, et du ventre vers le dos, et depuis quelques jours, il fait des abdominaux en soulevant la tête et les jambes pendant 4-5 secondes, avec l'air concentré d'un sportif de haut niveau (encouragé par sa sœur qui lui crie "Aaallez, les HHHabdominaux!")

Il a une bouille toute ronde, des grands yeux bleus-gris et des cils très longs ("un beau ramasse-miette", comme a dit ma frangine..). Et pas beaucoup de cheveux sur le caillou, mon petit crane chauve.

Il n'a qu'une dent, et mais s'en sert bien volontiers (re-aïe). Il est diversifié depuis trois mois et marque déjà bien ses préférences. Il aime le poireau, le pruneau, et la pomme qui sent le cramé (ai-je laissé brûler une casserole il y a dix jours en faisant de la compote? peut-être...), mais pas beaucoup le cœur d'artichaut et les champignons de Paris.

Il papote beaucoup, a toute une variété de bruits de bouches et de modulations de la voix. Il dit "Papa" à destination de son père (mais je me demande s'il essaye pas avec moi aussi, parfois, il a ptet pas encore bien compris que ça ne concernait qu'une personne..), et un truc qui pourrait être le surnom de sa sœur. Il a un super sens de l'humour, beaucoup moins basé sur la répétition que la plupart des bébés que j'ai connus. Il aime la surprise, et rigole des trucs nouveaux, mais faut pas essayer de lui faire la même grimace plus de 5 minutes. Ça nous oblige à être inventifs (oui, "oblige", parce que faire rire un bébé, c'est le plus grand plaisir du monde entier.).

Il fait des calins avec la main, et depuis longtemps, des bisous. Enfin.. il me choppe la tête par les oreilles et se précipite la bouche grande ouverte et la langue sortie pour se frotter sur ma joue, ou sur ce qui se trouve sur son chemin, disons (et la sensation est différente de quand il veut téter, où il lui arrive de faire la même chose et de téter ma joue, ce qui est très désagréable). Il aime jouer avec mes cheveux, sa petite main sur ma nuque, et il aime tirer les poils de barbe de son père. Il lui vole aussi ses lunettes, et proteste énergiquement si on a le culot de les lui reprendre. Il mange les pantoufles qu'il arrive à choper.

Il dort depuis quelques semaines dans sa chambre, avec sa sœur. La transition a été compliquée, et le confinement nous a permis de le faire sans être trop explosés par les mauvaises nuits. Il se réveille toujours au moins une fois dans la nuit, parfois plus. Je repense souvent à une formule d'une copine, qui disait de son fils qu'il était "la lumière de nos jours, et une sirène dans nos nuits".

Je suis un peu inquiète de comment se passera le retour à la normale dans quelques mois, vu qu'il ne va sans doute pas retourner chez la nounou avant septembre. Mais ces quelques mois entre nous sont l'occasion de profiter de sa toute petite enfance à fond, et je ne m'en lasse pas. Ses premiers mots seront pour nous, ses premiers déplacements aussi, peut-être même ses premiers pas s'il les fait un peu tôt (le Moineau s'est planquée de nous pendant un mois et demi. On avait des gens qui nous disaient "je l'ai vue marcher", mais elle voulait pas le faire devant nous... Petit chameau.). C'est, sauf changement de plan improbable, notre dernier bébé, et on emmagasine les souvenirs. J'aime les bébés et les enfants à tous les âges, mais ces premiers mois, ça fera, c'est sûr, de la nostalgie...

mardi 5 mai 2020

Ribambelle d'amis

Le Moineau a des amis imaginaires depuis un peu plus d'un an. La première est apparue pendant mon deuxième mois de grossesse, environ 3 semaines après qu'elle a compris (seule) qu'un deuxième bébé était en route. Et a presque magiquement réglé les crises que cette nouvelle avait fait naître. On se faisait juste un peu engueuler parce qu'on s'asseyait sur sa copine invisible. Cette première copine n'avait pas de nom, elle s'appelait "ma copine imaginaire". Un mois après, elle a été rejointe par un "copain imaginaire". Encore un mois après, il y a eu "David" (c'est le prénom d'un petit garçon qui avait été gardé avec elle quelques mois chez la nounou quand elle était toute bébé). Encore un mois après, Pikachu les a rejoints (je ne sais pas si Pikachu est un pokémon, ou un humain...).

Pendant un bon moment, elle est restée avec ces quatre là. David mourait régulièrement, et ressuscitait. La copine et le copain imaginaire avaient chacun un papa décédé (je me rappelle la première fois que le papa de la copine imaginaire est mort: le Moineau en sanglotait presque dans la rue. Top ambiance). La copine vivait avec nous, les autres rentraient chez eux le soir.

A l'entrée à l'école, les amis imaginaires se sont fait plus discrets. Moins besoin, sans doute, et puis les copains d'école fournissaient déjà bien suffisamment d'histoires et de questionnements. Après la naissance de l’Étourneau, un nouveau est apparu dans la bande: Mohamed (du nom d'un petit garçon qui dormait à côté d'elle au dortoir, mais qui n'était pas dans sa classe). David, lui, à ce moment, était définitivement mort. Mohamed est très vite devenu inséparable de Pikachu. Y avait d'ailleurs un truc marrant, dans cette paire, qui était reflétée par une paire de poupées: sa première poupée, qui s'appelait originellement "Poupée" s'est mise à s'appeler "Jeanne" (comme un personnage de Tchoupi), et une autre qui n'avait pas de nom s'est mise à s'appeler "Léa" (comme une petite fille de l'école qui souffle un peu le chaud et le froid, et change d'avis de minute en minute sur le degré d'amitié qu'elle entretient avec le Moineau). Donc y avait "Mohamed et Pikachu", et "Jeanne et Léa". A chaque fois, un personnage de fiction, et une personne réelle.

Au début du confinement, on en était là.

Et là, d'un coup... Elle s'est mise à intégrer à sa liste d'amis imaginaires TOUS les personnages féminins (et deux masculins) des films et dessins animés qu'elle voyait. Au rythme d'un film par semaine environ... Actuellement, si je ne me trompe, il y a:

  • Pikachu,
  • Mohammed,
  • Elsa,
  • Anna,
  • Vaiana,
  • Belle,
  • Chiita,
  • Satsuki,
  • Mei,
  • Kiki,
  • Heidi,
  • Peter,
  • Karl,
  • Teresa,
  • Clara.

Et puis Moriane et Mor-anne. Et la copine imaginaire, qui depuis quelque temps porte comme prénom le surnom du Moineau, au cas où on aurait pas pigé l'identification. (Plus de trace du copain anonyme, par contre). Comme elle éprouve le besoin d’égrener la liste toutes les trois phrases, je commence à bien les connaître. Ils sont princesses, sorcières, héros, enfants, adultes, morts ou vivants, mortels ou gentils.

Ils sont un peu multi-usages. Parfois, j'ai l'impression qu'il s'agit d'une petite armée, qui la protège, et que c'est pour ça qu'elle éprouve le besoin de les lister et de les compter. Ça les consolide, peut-être. Elle m'a demandé si elle pouvait les emmener dans son lit à la sieste, tout à l'heure.

Parfois, ce sont des frères et sœurs. Elle m'a expliqué tout à l'heure, que c'était super, d'avoir plein de frères et sœurs imaginaires, qui ne sont pas petits comme l’Étourneau. Alors je me dis que ça lui sert à ne pas être seule entre nous (elle nous informe de temps en temps que nous sommes les parents de tout ce beau monde, je suis un peu submergée).

Parfois, ce sont des substituts de copains de classe. Pendant que j'écris, par exemple, elle est en train de faire un cours de gym avec toute la bande. Elle les fait passer groupe par groupe, elle leur fait faire des exercices de yoga ("et je veux voir personne baisser les jambes pendant 15 minutes! Et après on se redresse tran-quil-lement"). Tout à l'heure, ils faisaient tous l'étoile de mer sur le tapis, j'ai dû leur faire de la place en poussant tout ce qui gênait. Parfois ils sont plus ancrés dans leurs fictions spécifiques, et elle rejoue avec eux les scènes les plus périlleuses des films.

Ça m'attriste, parfois, parce que je vois bien qu'ils sont une réponse à quelque chose de souffrant, qu'on ne parvient pas à soulager de notre côté. Qu'on ne peut sans doute pas soulager, en fait. Et en même temps, je trouve ça malin, comme solution. Elle est résiliente, ma fille, comme beaucoup de gamins. Ptet qu'on devrait tous en prendre de la graine.

(Je viens de lui dire à l'oreille "je t'aime". Elle m'a demandé de le dire à tous les autres. J'ai dit qu'elle pouvait leur dire de ma part. Elle a murmuré "je t'aime de la part de maman", avant de m'annoncer: ils sont tous collés à ma bouche, ils ont entendu!).

samedi 2 mai 2020

Ira, ira pas?

Notre ville fait partie de celles concernées par cet article, qui indique que huit maires de Seine-Saint-Denis refusent de rouvrir les écoles maternelles et les crèches avant septembre. J'avoue qu'en l'apprenant, nous avons été plutôt soulagés, de ne pas avoir à décider si nous devions ou non renvoyer le Moineau à l'école dans quelques jours. Comme je l'écrivais sur Mastodon:

Spontanément j'aurais dit "non, c'est trop tôt". MAIS si je trouve qu'elle va trop mal à ce moment là, qu'elle a besoin de voir des gens, je pencherai sans doute plus vers le "oui". MAIS en même temps, j'estime qu'en Seine-Saint-Denis, on est vraiment pas prioritaires par rapport aux gens qui ont besoin de bosser pour pouvoir bouffer, ou aux gens qui virent dingues avec leurs mômes en appartement (on a un jardin, et je ne reprendrai pas les cours avant septembre). Donc ptet que je la garderai quand même au final. Je sais pas.

Pas de décision à prendre, donc. Et puis le soulagement aussi de pouvoir un peu plus se projeter dans la durée (je ne sais pas encore si Nawimba reprendra les cours, et si oui comment, et donc si je resterai à la maison seule avec les enfants ou non. Mais je sais au moins que les enfants sont chez nous, tous les deux, pour les 4 mois à venir (sauf renversement magistral de situation, pour la grande).

Cela dit, la maîtresse a demandé aujourd'hui sur le groupe whatsapp de la classe quels enfants reviendraient à l'école la semaine du 18. Apparemment, tant que la réponse du préfet n'est pas arrivée, ils font comme si les écoles allaient rouvrir. Sauf que bien sûr, ça va vouloir dire: masques pour la maîtresse et idéalement pour les petits (quand je dis "idéalement"... oui, bon, on se comprend, hein). Pas de contacts entre les enfants. Pas de temps de regroupement sur les bancs. Pas de jeux ensemble à la récré, pas de vélos, pas de toboggan. Des tables espacées dans la classe. Pas de coins "jeux" (sinon il faudrait tout pouvoir désinfecter tout le temps). Pas de cantine, je suppose. C'est au mieux irréalisable, et au pire, de la maltraitance psychologique. Ou l'inverse. (Je comprends bien qu'on ne puisse pas faire autrement et qu'il n'y a pas de bonnes solutions, hein. Juste, c'est nul.)

Donc voilà, même si l'école rouvre, elle n'ira pas. Pas dans ces conditions là. D'ailleurs le reste des parents est sur la même longueur d'onde. Très peu ont répondu que leurs enfants viendraient, pour l'instant. Je précise qu'évidemment, ce n'est pas toujours une question de choix: certaines personnes ne pourront pas faire autrement que de remettre leurs enfants à l'école. Mais pour nous, le seul avantage à l'y renvoyer était la sociabilisation. Si elle ne peut pas jouer, toucher, être proche de ses camarades... le jeu n'en vaut pas la chandelle.

Du coup on cherche des options. Peut-être va-t-on réessayer de proposer des appels en visio, même si les gamins de 4 ans ne sont pas très à l'aise avec cet outil... Peut-être, une fois que le confinement sera levé ou un peu adouci, pourra-t-on proposer à l'un ou l'autre des copains-copines du Moineau de venir faire des balades, dans la rue, en essayant que les gamins ne se touche pas trop trop, etc. Et puis une autre idée qui se fait jour depuis quelques jours, et qui a pris corps aujourd'hui. L'appartement à côté de notre rez-de-chaussée est occupé par une famille avec une petite fille, qui doit avoir un an de moins que le Moineau. On ne les connaît pas bien, notamment parce qu'ils ne parlent quasiment qu'espagnol (ils sont colombiens, il s'agit de la famille du frère d'un de nos voisins co-propriétaires, qu'on connait beaucoup mieux, pour le coup. Il les héberge chez lui depuis quelques mois, et loge chez sa copine, qui possède un autre studio dans la copropriété). On les entend, bien sûr, depuis qu'ils sont là, mais à part bonjour-bonsoir quand on se croisait dans la rue, on n'avait jamais vraiment entamé la discussion. Mais depuis quelques jours, la maman et la petite fille ont un rituel rigolo. Elles mettent un grand escabeau dans la cour pendant un quart d'heure en début de soirée, et se perchent ensemble sur la plus haute marche, pour regarder la rue. Et du coup, de chez nous, on voit leurs têtes dépasser au dessus de la barrière. Evidemment, ça a attiré l'attention du Moineau, qui s'est mise à avoir envie de les regarder sous différents angles (par les différentes fenêtres du rez de chaussée et du premier étage (la fenêtre de notre chambre surplombe leur cour..). J'ai essayé de freiner un peu en mode "c'est pas poli de regarder chez les gens", mais en fait, la curiosité du Moineau a fini par déclencher celle de l'autre petite fille, et ça a fait un peu boule de neige.

Du coup, quand j'ai croisé le regard de la dame tout à l'heure, j'ai fait coucou, et puis je suis sortie sur le pas de la porte avec ma fille, et on s'est toutes présentées. Et puis j'ai proposé que d'ici quelques jours, quand le déconfinement commencerait, la petite fille vienne jouer dans le jardin avec le Moineau. Ca me démangeait depuis quelques jours de leur proposer de profiter du jardin, mais je ne voyais pas trop comment garder ma fille dans la maison pendant que l'autre petite jouait. Le mieux est probablement qu'elles jouent quand même ensemble, et advienne que pourra. La maman m'a expliqué que sa petite avait repéré la maison en plastique du Moineau, et qu'elle avait très envie de venir dedans. J'ai aussi proposé de leur prêter une trottinette (mais elle en a déjà une). Donc d'ici dix jours, on devrait pouvoir mettre ça en route. Le truc marrant, c'est évidemment que C. ne parle qu'espagnol (et la maman ne parle pas bien français non plus). Ce soir, j'ai fait à peu près la traduction (je comprends à peu près, mais je ne suis pas du tout capable de parler plus que deux trois bribes, non plus), et le Moineau était un peu frustrée de ne pas comprendre.

Mais bon, on se refait pas, hein: j'ai proposé au Moineau de profiter des 10 jours qui viennent pour apprendre un peu d'espagnol. Je vais chercher une appli ou un site pour enfants, et hop. En plus, elle commençait à se plaindre un peu du "travail d'école". On va intégrer ça dans la palette des choses à faire "pour le travail", ça va passer comme une lettre à la poste. Tout à l'heure, pendant que je changeais le bébé, j'entendais Nawimba lui apprendre à dire en espagnol "tu veux aller aux toilettes?". Ce soir, elle était déjà en train d'imaginer: "Avec C., on pourra lire des livres! et on pourra faire des piques niques dans le jardin!" Ca va être marrant, je pense.

Et ça me rassure un peu, de me dire que ces deux petites filles auront au moins un peu de compagnie enfantine de temps en temps, plutôt que d'être toutes seules chacune dans son coin, à tourner en rond dans sa maison entre ses parents. C'est un bon compromis, je pense. Il faut que le virus circule, mais ce sera relativement limité, et moins stressant que l'ambiance "distanciation sociale de psychopathe" à l'école. Ca me réconforte beaucoup, cette perspective...

mercredi 29 avril 2020

L'enfant et la mort

Ma fille a 3 ans et demi. Donc, déjà, la mort, c'est un truc qui la travaille, depuis un petit moment. Et alors là, avec le confinement, et les trucs angoissants dont Nawimba et moi n'arrivons pas à nous empêcher totalement de parler, le sujet est au cœur de la majeure partie des histoires qu'elle se raconte. Et elle se raconte BEAUCOUP d'histoires, dans une journée. Elle est bavarde, elle a beaucoup d'imagination, et en ce moment, le moindre bout de quoi que ce soit, livre qu'on lui lit, vidéo de conte qu'elle regarde sur conseil de la maîtresse, bribe de discussion qu'elle chope en passant à côté de nous, est recyclé immédiatement. Les amis imaginaires (qu'elle tue et ressuscite allègrement depuis déjà longtemps..) se sont encore multipliés (un jour je vous les présenterai, ça fera un post à soi tout seul).

Et donc ce matin, cette perle. Elle appelle (sur son téléphone imaginaire) ses nouvelles copines (imaginaires) Morane (qu'elle prononce Mor-Anne) et Moriane, leur raconte sa vie, tout ça tout ça. Tout à coup je l'entends dire "Eh, mais Mor, tu sais, tu sais, Mor, Mor..." (comme font les enfants quand ils semblent tester une formulation, presque en goûter la saveur). Elle fait une pause, puis se tourne vers moi, et m'explique qu'elle est au téléphone avec Morane, et qu'elle l'appelle "Mor", parce que c'est son surnom (c'est nouveau). Et que là, la pauvre Mor, ça va pas trop, elle doit aller à son travail, alors elle a besoin d'être réconfortée.

Donc sa nouvelle copine imaginaire s'appelle littéralement "mort", et son problème principal, c'est qu'elle doit aller à son travail. Bon, on dira pas que le Moineau a pas compris les enjeux du moment, hein....

(Bon, rassurez vous, elle parle aussi de princesses, de super-héros, de cochons, de chevreaux, de sorcières, tout y passe, hein..)

jeudi 23 avril 2020

Contorsions parentales

Au début de la période du confinement, on s'est dit que c'était sans doute le bon moment pour "travailler" à passer l'Etourneau dans la même chambre que sa sœur la nuit (comprendre: si on fait des nuits de merde, on pourra dormir plus tard le matin et ne pas être trop crevés. Ah-Ah.) Mais comme il se réveillait encore plusieurs fois par nuit, et qu'il braillait fort fort fort, ça s'est pas très bien passé, et le Moineau était crevée et ronchon. On ne voulait pas qu'elle le prenne en grippe, alors on s'est dit qu'on allait faire des étapes intermédiaires.
Ce qu'on a trouvé, c'est un compromis. On le couche dans notre chambre, dans son berceau de co-dodo dont on a remis la paroi amovible, à la même heure qu'elle va au lit. Et quand nous, on va se coucher, on le déplace avec précaution dans le bureau de Nawimba, et il finit sa nuit là. Ça marche pas mal, il a fait pas mal de nuits complètes, et le reste du temps, il ne se réveille en général plus qu'une fois, quelque part entre 1h30 et 3h du matin, entre son coucher et 6 ou 7 h du matin.

Il faut donc nous imaginer venir, dans le noir, le chercher vers minuit, se saisir chacun d'un côté du berceau, et manœuvrer le truc pour ne pas cogner le radiateur, les boites entreposées dans le couloir "PARCE QUE JE SAIS PAS OU LES FOUTRE CES PUTAINS DE BOITES, SI T'AS UNE IDÉE JE T'EN PRIE!" (je crie pas, dans ces cas là, évidemment, rapport au gamin qui pionce comme un bienheureux dans son berceau qui tangue. C'est un doux chuchocris, que je produis), la porte, le second radiateur, le bordel du bureau de Nawimba, la rampe de l'escalier. En plus cette saloperie de berceau est asymétrique, les pieds dépassent plus d'un côté de l'autre. Toi, tu crois que t'as super bien centré le biniou en passant la porte, et VLAN, tu te manges le chambranle. Donc on se guide en chuchotant. "A gauche, à gauche, penche un peu, non pas trop, attention la porte! à droite, nan ma droite!". C'est folklo.
Depuis deux jours, on est devenus super forts, on ne heurte plus rien. Ça le gênait pas, qu'on cogne des trucs, le môme. Il n'en avait rien à secouer (c'est le cas de le dire). Mais moi, j'ai l'impression d'avoir gagné une nouvelle compétence, pendant ce confinement. Un truc qui ne me servira plus jamais après, sans doute (enfin j'espère), mais qu'on a fait pour la gloire, quoi. On a les ptites victoires qu'on peut.

Bref. Du coup, je songeais en rigolant à toutes ces petites stratégies-bricolages que mettent en place les jeunes parents pour préserver le sommeil de leur progéniture (et un peu de santé mentale).
Je repense par exemple avec un peu d'émotion à cette époque où on dormait chacun par tranche de deux heures dans le lit, pendant que l'autre se calait dans un transat de jardin au milieu du salon avec le Moineau en écharpe, le plus possible sous l'escalier parce que c'était le seul endroit où on échappait à peu près à la lumière du lampadaire placé stratégiquement JUSTE en face du fenestron (depuis, on a mis un rideau occultant devant ce truc). J'y repense avec émotion, mais pas de regrets, hein. C'était très inconfortable.
Y a aussi la fois où Nawimba a monté et descendu 14 fois l'escalier (donc l'équivalent de 14 étages, hein), pour endormir le Moineau. Ou la fois où il courait en la tenant bien serrée dans ces bras (elle avait 3 semaines) dans l'enfilade des pièces pour lui faire du vent sur la tête pendant la canicule.
Sans compter bien sûr les kilomètres parcourus en berçant les ptites choses parfaitement réveillées. Les thés froid réchauffés 4 fois, et toujours pas bus. Les épaules à moitié luxées pour attraper un truc parce que la bestiole pionce ENFIN sur toi et que tu ne veux surtout pas la réveiller (alternative: le ramassage d'objets avec les orteils. Encore une compétence de folie acquise dans la période post-partum).

Ce qui me manquera un peu, je crois, quand notre deuxième enfant sera trop grand pour être bercé, ce sera la vision de Nawimba faisant le "Oompah Loompah", librement inspirée de cette vidéo). C'est assez indescriptible, mais en gros, il prend le bébé contre lui, et se dandine de gauche ("oompah") à droite ("loompah"), réitère ("oompah loompah") puis plie les genoux pour faire une descente un peu brusque ("oooouuuhm"). Et on recommence. C'est délicieusement ridicule, et ça marche très bien. Et je serai triste de ne plus le voir. J'essayerai ptet de le filmer, un de ces quatre, pendant qu'il est encore temps :)

dimanche 5 avril 2020

Mesdames, Messieurs

Il y a environ un an, on était allés à la FN*C pour je ne sais quelle raison, et on avait passé un moment au rayon des bouquins pour enfants à chercher, je crois, le Prince de Motordu, pour le Moineau. Une vendeuse, qui nous avait aidés à le localiser, avait trouvé le Moineau plutôt mignonne, et lui avait donné une grande affiche des "Monsieur Madame" (oui, encore eux), avec tous les personnages listés dessus. La petite ne connaissait pas encore, et je ne voyais pas où mettre cette affiche, alors je l'avais mise de côté (en pestant contre les cadeaux publicitaires, et mon incapacité à balancer les trucs qui viennent immanquablement encombrer ma maison).

Je l'ai ressortie il y a quelques jours, car le Moineau a entre temps découvert les Monsieur Madame, et adore se les faire lire, se les re-raconter ensuite, et gloser à l'infini sur ce qui y arrive. J'ai punaisé l'affiche dans sa chambre, et depuis, elle passe beaucoup de temps à les inventorier, à comparer les listes présentes au dos des livres et celle de l'affiche etc.. Ce qui est cool, c'est que c'est un super support pédagogique! Régulièrement dans la journée, je l'envoie compter les personnages de telle ou telle couleur, de telle ou telle forme. Ou bien identifier tel personnage en fonction de sa description. Ça marche super bien!

Hier, je lui ai dit qu'il y avait 100 messieurs et mesdames dessus. Elle a essayé de les compter, mais elle a eu du mal une fois arrivée vers les 27, 28.. Elle a compris le principe, mais pas encore mémorisé les noms des dizaines, et donc au bout d'un moment, elle bute et commence à compter en boucle. Donc là, elle faisait ça. Et puis elle est restée songeuse un moment devant son affiche, s'est tournée vers moi et m'a dit: Y a pas de liste pour les chiffres.. C'est nul, faudrait une liste pour les chiffres

Du coup, tout à l'heure, je lui ai fait une grande affiche, avec les nombres de 1 à 100. Et on l'accrochera demain à côté de celle des Monsieur Madame. J'ai parié il y a deux semaines qu'elle saurait lire à la fin du confinement. Mais finalement, ptet qu'elle saura compter, à la place :) (Et de fait, compter sans erreur au delà de 10, ça fait peu de temps, c'est lié au fait de devoir se laver les mains pendant au moins 15 secondes...).