lundi 2 février 2026

Gravure de sceaux chinois

Ce dimanche avait un petit goût de nostalgie, et une bonne dose de nouveauté, aussi. Alain (que dans ma tête j'appelle toujours un peu Monsieur Ka, parce que c'est sous ce nom que je l'ai découvert il y a 20 ans), a animé toute la journée chez moi un atelier "Gravure de sceaux chinois". On avait pris un café il y a quelques mois lors d'un de ses passages à Paris, et il m'avait montré ses magnifiques "carnets de sceaux", m'avait parlé de comment il les concevait, en fonction des caractères, de leur signification, des différents styles historiques. Et de fil en aiguille, on avait parlé de faire une petite initiation à la maison, pour quelques personnes.

Dont acte. Une petite assemblée plutôt chouette, on a passé un joli moment. Il y avait plusieurs anciens de Paris-Carnet, d'où la petite nostalgie. Mais pas trop quand même, parce que ce n'était pas tellement les gens de PC avec qui j'ai passé beaucoup de temps entre 2005 et 2012. Il y avait Matoo et son mari Colin Ducasse et Orpheus, que je situais très bien mais avec qui je n'avais jamais parlé de vive voix (je crois avoir vraiment croisé ce dernier pour la première fois lors du mariage de Kozlika et Franck, pour tout dire). Alain et Virgile, que je connais un peu mieux. Delphine et son mari, et Nicolas, un ami d'Alain, avec qui j'avais juste échangé quelques mails. Et LegalizeBrain! C'était rigolo de voir un copain "de Masto" rencontrer des copains "des blogs". Des strates de vie qui se croisent, très tranquillement, au gré d'un appel aux gens intéressés fait à la cantonnade sur Masto.

On était donc 9, finalement à s'essayer à la gravure, sous le regard bienveillant d'Alain. Il nous a fait nous entraîner sur un caractère imposé le matin, et nous a ensuite proposé des caractères personnalisés (en fonction d'indications que nous lui avions fournies précédemment), à graver l'après-midi. Au passage il nous a raconté pas mal de choses en terme d'arrière-plan culturel, artistique, et technique, c'était super intéressant. Allez faire un tour sur le blog d'Alain, sérieusement!

Au final: il y a eu pas mal de rires, beaucoup de victuailles, du café et du thé, un certain nombre d'exclamation de dépit (quand les burins dérapaient), quelques exclamations d'admiration aussi... Virgile et Legalize faisant clairement figure de bons élèves. J'étais à côté de ce dernier, et pendant que je cochonnais allègrement mon sceau (des deux côtés), je le voyais graver des sillons parfaitement droits, parfaitement propres, avec à peu près zéro retouche à faire après la première impression (alors qu'il avait choisi la version la plus difficile pour son sceau personnalisé!).

Je suis souvent assez stressée par l'idée d'avoir des gens à la maison, et encore plus quand il s'agit de tout un groupe. Mais là, vraiment, c'était chouette et paisible et rigolo parfois, et ça m'a fait une dose bien agréable de sociabilité, plutôt bien venue pour me sortir un peu de mon retrait relatif des derniers mois... C'est cool, les gens, quand même.

J'édite le billet, pour recenser tous ceux de mes camarades présent(e)s dimanche...

lundi 12 janvier 2026

Aperception transcendantale

Il m'arrive parfois de regarder mes souvenirs d'élève et d'étudiante avec mon œil de prof quadragénaire. Parfois je suis plus tolérante avec mes enseignant(e)s de l'époque que je ne l'étais sur le coup, et parfois... moins.

J'ai mangé hier avec des copains de fac, pas vus pour deux d'entre elleux depuis une dizaine d'années. On s'est remémoré joyeusement des soirées épiques chez les uns et chez les autres au milieu des années 2000, et notamment, une fameuse fondue chinoise préparée par une amie commune, qui nous avait fait pleurer des larmes pimentées (mais heureuses!). Et pour amuser la galerie, je leur raconte que la nuit suivante, j'avais rêvé que je découvrais, super fière, le lien entre l'aperception transcendantale kantienne et la fondue chinoise. Eureka!

Cette anecdote fait toujours marrer les gens, et honnêtement, moi aussi, parce que je me souviens encore 20 ans plus tard à quel point le truc me paraissait fabuleux et convaincant dans ce rêve :)

Bref. Aujourd'hui, je repense à cette histoire d'aperception transcendantale, et au prof de khâgne qui nous avait fait lire la Critique de la Raison Pure quelques années auparavant. Et d'un coup, je suis heurtée par un truc un peu violent (peut-être parce que je suis moi même en train de lire des textes assez personnels produits par des étudiants de 18-19 ans, j'en reparlerai ptet ici...):

Quel putain de foutu connard oblige des gamins de 19 ans (18 en ce qui me concerne) à lire in extenso la Critique de la Raison Pure à la rentrée de leur deuxième année post-bac, sans aucune espèce de cours pour éclairer quoi que ce soit? Outre que c'est imbitable, à quel moment c'est un choix pédagogiquement pertinent? Dans la multitude de textes de philo existants, pourquoi choisir celui là? Qu'est-ce que ça permet de comprendre du monde, pour des gens de cet âge là? (et en réalité, même pour un vulgaire bachotage de concours: quelle est l'utilité réelle? Je suis pas bien sûre que c'était le truc le plus simple à recaser dans une dissert, surtout si c'était mal compris et digéré).

Bref. Le fait que ce prof ait été un mauvais prof n'est pas vraiment une révélation, je le savais déjà en suivant ces cours. Mais je ne suis pas certaine d'avoir mesuré à l'époque la dimension sadique que j'identifie aujourd'hui dans cet épisode, ni l'absence de questionnement pédagogique. C'est pas mal, quand même, quand on planifie de faire plancher des gens pendant deux mois sur un truc, de se demander *pourquoi* on le fait, et ce qu'iels vont en retirer.

Tout ça pour dire: ptet que le meilleur à tirer de la CriPure, au fond, c'était quand même la fondue chinoise.

vendredi 5 janvier 2024

5 janvier - Aujourd'hui acheté

Hier après-midi, mon fils s'est rappelé avec désespoir qu'il n'avait plus aucun sablés de Noël ramenés il y a deux semaines de l'école, vu qu'il en avait mangé une partie avant de partir en vacances, et avait généreusement distribué les trois derniers au reste de la famille. J'ai acheté ma tranquillité en lui promettant de faire des sablés avec lui aujourd'hui.

Il avait zappé, mais mon mec s'est fait une joie de lui rappeler tout à l'heure en fin d'après-midi, alors que j'étais pas très motivée, que le petit devait lui même encore prendre son bain, qu'il fallait préparer le repas, etc. Je me suis exécutée quand même, parce que je n'ai (presque) qu'une parole. La confection des sablés ne s'est pas trop mal passée finalement, mais on a mangé assez tard, le gamin était pas bien et relou, et pour couronner le tout, je me suis brûlée en sortant la deuxième fournée.

Une toute petite cloque, mais ça fait mal, cette connerie.